![]() |
|
[Retour a la page d'accueil francaise] Religion - Cybèle
Le
panthéon : la Grande
Mère phrygienne
La divinité principale
voire unique du panthéon phrygien semble être la Grande Mère, connue
grâce aux auteurs grecs sous le nom de Cybèle. Les inscriptions
paléo-phrygiennes l’appellent généralement Matar,
accompagné parfois d’une épithète comme Kubileya.
Cette épithète est peut-être l’origine de l’appellation plus tardive.
La Grande Mère
phrygienne a un champ d’action très étendu. Elle est la déesse des
montagnes et de la nature sauvage, vénérée dans des lieux isolés
et inhospitaliers. Elle est évidemment une figure maternelle :
elle donne la vie par l’intermédiaire de la terre qui porte les
récoltes et elle accueille les morts en son sein par l’enterrement
ou la crémation. Elle est aussi la protectrice des villes, elle
contrôle les animaux. Les auteurs anciens
lui donnent un parèdre masculin, Attis, qui rassemble les fonctions
de fils et d’amant. Il trompe la déesse qui lui inflige une crise
de folie au cours de laquelle il s’émascule. Cet événement est repris
dans le culte tardif et symbolise le rythme des saisons avec le
renouveau de la nature au printemps. Il est à noter qu’Attis n’apparaît
pas dans les représentations les plus anciennes de Cybèle ;
il semblerait donc que ce personnage soit un ajout tardif.
Les représentations de la déesse
Cette déesse
est représentée dans un cadre qui imite la façade d’un bâtiment.
Il est constitué d’une porte dans laquelle se tient la déesse, de
deux montants verticaux et d’un fronton plus ou moins orné et comportant
généralement un acrotère central. La déesse est
debout, de face. Elle est vêtue d’une robe longue ceinturée à la
taille et coiffée d’un polos (sorte de tiare cylindrique) parfois
élaboré, duquel descend un voile-manteau allant jusqu’aux pieds
et apparaissant sur les côtés. Ce voile est rentré du côté gauche
dans la ceinture de la robe, ce qui forme un plissé circulaire.
Cette représentation est proche de celle des naiskos du monde grec. En Phrygie, ses
attributs sont l’oiseau de proie et le petit vase. Le lion l’accompagne
parfois et son attitude agressive et menaçante mais néanmoins sous
contrôle montre à quel point la déesse maîtrise quelque chose de
dangereux pour l’homme. Cette image est loin de celle du Ves.
d’Agoracrite qui vulgarise l’image de Cybèle, trônant sereinement
et laissant reposer une main sur la tête d’un lion parfaitement
soumis, tandis que l’autre tient un tympanon (= large tambour).
Cette représentation rigide et matronale ne correspond pas à la
réalité phrygienne antérieure. Son
culte
Nous ne disposons
pas de sources écrites phrygiennes et l’archéologie ne fournit guère
de renseignements sur ce sujet. Les auteurs grecs offrent de bonnes
informations mais leur éloignement chronologique et géographique
doit inciter à une grande prudence. En se basant principalement
sur ces témoignages du Ves., nous pouvons conclure que
le culte se déroule dans la montagne, de nuit, au son d’instruments
de musique propres à inspirer des transes (percussions, cris et
chants) et rythmant des danses. Il semblait avoir dès l’époque archaïque
un caractère extatique et débridé.
|